La SSII Venedim se réinternalise en France

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A l’heure du Made in France et du « reshoring », le retour d’expérience de Venedim pourrait faire école. Cette société de services de 300 collaborateurs (pour un chiffre d’affaires de 31 millions d’euros en 2012) est partie à l’offshore et en est revenue. Au sens propre et figuré.

Au départ de l’aventure, il y a une forte pression exercée sur les prix. « Cette pression a commencé il y a cinq ans et s’est accélérée ces derniers temps », se souvient Franck Pingot, directeur associé de Venedim. « Tous nos concurrents se sont tournés vers l’offshore. Nous étions réticents à y aller, vu notre taille, et puis nous avons été emportés par la vague. » Venedim saute le pas il y a deux ans et s’envole au Maghreb et en Asie.

« Nous sommes partis avec l’idée de tout mesurer en additionnant bout à bout les coûts cachés. Sur le papier, ça marche. Dans les faits, c’est moins évident. » Formation des équipes locales, envoi d’expatriés, turnover de plus de 25%… l’externalisation des pays à bas coût s’avère plus onéreuse que prévue. Et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Pour le prestataire, un collaborateur indien ou marocain n’a pas la même connaissance métier ou fonctionnelle que son collègue français. A cela s’ajoute un problème de culture. « L’implication n’a pas la même valeur selon la latitude. »Ce qui suppose de « surstaffer » l’encadrement et de renforcer le contrôle qualité.

Impossible aussi de capitaliser sur connaissance : « Vous la construisez en permanence, compte tenu de la volatilité des équipes. Une fois leurs connaissances consolidées, les collaborateurs partent à la concurrence sur une meilleure proposition de salaire. » La multiplication des sociétés offshore a, par ailleurs, appauvri le vivier de compétences local et fait flamber les salaires.

« Certains confrères partis dans les pays à bas coûts ont moins d’exigences. Ils ont pris le billet aller, mais pas le billet retour. Retourner en arrière leur coûterait trop d’argent. Nous, nous ne voulions pas déroger à notre triple engagement : qualité, délai, prix. »

Un écart de 10% compensé par l’industrialisation des tâches

Fin novembre, la décision est prise de réinternaliser. « Il restait encore un écart de 10% sur les coûts, que nous avons comblé en misant sur la productivité et le modèle d’organisation. Il est possible de produire en France avec les salaires et les contraintes du marché de travail, d’offrir un service de qualité avec un coût maîtrisé. »

Cela suppose un surcroît d’industrialisation. « Notre bureau d’études prend en charge les tâches complexes ou d’ingénierie. Il conçoit le processus opératoire, le teste et voit si la tâche peut être industrialisée. Dans 80% des cas, elle devient une gamme. » Celle-ci est ensuite assurée par le plateau de services de Boulogne-Billancourt (photo) mis en place début 2013.

Aux yeux de Franck Pingot, l’offshore a eu au moins la vertu d’accélérer l’industrialisation de la SSII. « Nous sommes partis avec une copie blanche et sommes revenus avec des processus. »

Pour l’heure, Venedim a rapatrié 20% de son activité offshore en France et se fixe un objectif de 80% à la fin de l’année. En parallèle, le centre de Boulogne-Billancourt passera de 20 à 80 ou 100 salariés à la fin de l’exercice fiscal, en mars 2014. Et déjà, Franck Pingot prévoit de créer un deuxième plateau plus vaste en région qui servira également de back-up.

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